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Plusieurs détaillants montréalais vivent des temps difficiles ces jours-ci. Il est de plus en plus commun de voir sur des rues autrefois dynamiques, comme Saint-Denis, des façades arborant le signe À louer. Plusieurs commerçants veulent que quelque chose change, de peur d’être les prochains à devoir fermer.

Dans le cadre de la consultation publique sur l’enjeu des locaux vacants sur les artères commerciales, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain suggère à la ville d’ajouter des places de stationnements en se basant sur un sondage effectué auprès de 261 commerçants par la firme Segma. Intuitivement, cela semble logique; nous avons tous dû acheter des biens lourds et difficiles à transporter sans une voiture. Selon cette perspective, les commerces ne peuvent fonctionner sans que leurs clients utilisent une voiture, et une voiture ne peut fonctionner sans endroit pour se stationner. Ainsi, plus de stationnements devrait vouloir dire plus d’achalandage.

Toutefois, en regardant les données, une réalité différente est exposée. À Local Logic, nous avons décidé d’étudier ces différentes couches d’information afin de rétablir les faits. Donc, nous avons pris le temps d’agréger les données sur les stationnements disponibles à Montréal sur rue et hors rue. Nous avons ensuite comparé ces chiffres avec les taux de vacance sur les artères commerciales pour lesquelles les données étaient disponibles. 

Ce que nous avons constaté, c'est qu'en général, les rues où il y a le moins de places de stationnements disponibles ont en fait les taux de vacance les plus bas, et vice versa. 

La Rue Masson  a un taux de vacance de seulement 6%, et est servi par seulement 375 places de stationnement par kilomètre. En comparaison, la Rue Sainte-Catherine Ouest a un taux de vacance de 22,3%, malgré le fait qu’il y ait six fois plus de stationnements disponible. En fait, sur les quatre artères commerciales ayant le taux de vacance le plus bas, aucune n’avait plus de 400 places par kilomètre. 

Données et graphiques: Stationnement et locaux vacants

Ces résultats peuvent sembler contre-intuitifs. Par contre, il y a une multitude de raisons expliquant pourquoi plus de stationnements peuvent ne pas aider les commerces, voire même leur nuire. Plus de stationnements veut dire plus de voiture, plus de voiture veut dire plus de trafic, et, généralement, plus de trafic crée une ambiance désagréable. Le bruit généré rend la marche et les terrasses moins plaisantes. L'augmentation de la circulation rend l'environnement plus dangereux, en particulier dans le monde anarchique des lots de stationnements, et plus généralement pour les enfants et les personnes à mobilité réduite. De plus, plus de stationnements sur rue réduit l’espace disponible pour les trottoirs. Comme nous le voyons les samedis sur la rue Sainte-Catherine, les petits trottoirs résultent en une bataille pour avoir de l’espace pour marcher. Et en termes de charme, nous avons tous vu beaucoup de belles rues commerciales de Montréal sur des cartes postales, mais jamais de garages de stationnement.

Les recherches ont montré sans équivoque et à plusieurs reprises que les stationnements ne sont pas critiques au succès des artères commerciales. De 2010 à 2015, Philadelphie a retiré 3000 places de stationnements au centre-ville - 7% du total - et a vu une augmentation du dynamisme économique pour ces espaces de commerce au détail et pour les espaces pour bureau. À New York, l’ajout de bandes cyclables sur des espaces qui auraient pu être utilisés pour des stationnements a résulté en une augmentation des ventes de 24% pour les commerces à proximité. Une étude britannique a démontré que les conducteurs dépensent moins par mois que les piétons et les cyclistes. Donc, ajouter un incitatif pour les conducteurs aux dépens des autres utilisateurs serait mauvais pour les affaires.

Mais tout ceci n’offre pas une vision d’ensemble. Offrir plus de stationnements amène plus de gens à magasiner en utilisant leur voiture, ce qui génère davantage de congestion et ultimement, génère davantage de gaz à effet de serre qui accélèrent les changements climatiques. Chez Local Logic, nous croyons que la meilleure façon d’aller de l’avant est une combinaison de plusieurs améliorations qui incluent une meilleure offre de transport en commun, des environnements plus conviviaux pour les piétons et cyclistes, et des politiques pour réduire le fardeau fiscal des commerçants tout en incitant les propriétaires d’espaces commerciaux à ne pas les laisser vacants.

Nous compatissons avec les propriétaires de magasins qui consacrent tant de temps et d'argent à faire prospérer leurs entreprises et qui aide à définir nos rues emblématiques. Les consommateurs souhaitent de plus en plus passer du temps dans des secteurs qui sont beaux, inspirants et remplis de vie. Des secteurs qui sont verts, dynamiques, avec une congestion minimale. La plupart des consommateurs sont d’accords et les données le supportent, plus de stationnements n’est pas la solution.

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